34 ans

En 1989, le pari sûr était le Japon


Début 1989, le Japon représentait 40 % du marché actions mondial, contre 29 % pour les États-Unis (Dimson, Marsh, Staunton, UBS Global Investment Returns Yearbook 2024). Le 29 décembre 1989, l'indice Nikkei 225 clôturait à 38 915,87 points. Il a fallu attendre le 22 février 2024 pour le revoir plus haut, soit 34 ans (Bloomberg). Dividendes réinvestis, l'attente a duré 31 ans, jusqu'en février 2021 (Nikkei Inc.).

Premier marché mondial, part du marché actions. 1899 · Royaume-Uni: 24,2 %; 1989 · Japon: 40 %; 2026 · États-Unis: ~62 %. Part du marché actions mondial : fin 1899, début 1989 et début 2026. Sources : Dimson, Marsh, Staunton, UBS Global Investment Returns Yearbook 2024 et 2026.

Les arguments de 1989 étaient solides : une industrie qui dominait l'électronique et l'automobile, des banques parmi les plus grandes du monde, une croissance enviée. Le marché se payait pourtant jusqu'à 70,9 fois ses bénéfices (French et Poterba, 1991). L'économie japonaise a continué de produire ; c'est le prix payé à l'entrée qui a coûté trois décennies.

Fin septembre 2026, les États-Unis pesaient 72,9 % de l'indice MSCI World (MSCI). Le CAPE de Shiller du marché américain atteignait 41,1 le 21 octobre 2026, un niveau observé une seule autre fois depuis 1871, en 1999-2000 (multpl, données Shiller). L'histoire ne dit pas que les États-Unis suivront le Japon. Elle dit que la domination d'un marché, même méritée, ne protège pas celui qui l'achète trop cher.

Début 2024, le Japon pesait environ 6 % du marché mondial.


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