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Questions d'investisseurs

Investir en une fois ou progressivement sur un record boursier ? 95 ans de données


De décembre 2000 à octobre 2025, investir en une fois dans le MSCI World en euros a battu douze versements mensuels dans 69 % des mois de départ. Commencer sur un plus haut historique changeait peu ce résultat : 65 %. La question est actuelle : l’indice de cours du MSCI World en euros a terminé octobre 2026 sur un record mensuel, son huitième de l’année.

L’AMF a compté 394 000 nouveaux investisseurs particuliers en ETF au premier semestre 2026, un record depuis 2018. Le placement immédiat a généralement produit plus de capital, mais dans l’autre tiers des cas il a davantage perdu, parfois beaucoup plus. La question utile porte donc sur la baisse que toute la somme peut supporter, au-delà du choix entre maintenant et plus tard.

Ce qu’il faut retenir

  1. Le placement immédiat a plus souvent gagné dans cet échantillon. Il a battu l’étalement sur douze mois dans 206 des 299 départs en euros, soit 68,9 %, avec un écart moyen de 3,1 % du capital initial avant frais de transaction.
  2. Les records ne fournissaient pas de règle claire pour choisir le moment. Le placement immédiat gagnait dans 28 des 43 départs en euros sur un record, soit 65,1 % ; ce petit échantillon de périodes chevauchantes ne détermine pas les probabilités de l’année prochaine.
  3. Un calendrier d’entrée ne répare pas l’allocation finale. Dans la simulation de 1929, l’étalement amortissait la première année mais perdait encore 56,4 % après trois ans ; décidez du risque supportable une fois toute la somme investie.

Faut-il investir en une fois ou progressivement sur un record ?

Dans les deux jeux de données, investir immédiatement gagnait environ deux fois sur trois, record ou non. Nous comparons la même somme placée en une fois à une fin de mois, ou en douze parts égales à cette date puis aux onze fins de mois suivantes. Le solde rapporte le taux au jour le jour en euros, ou celui des bons du Trésor américains. Les résultats sont comparés douze mois après le départ, hors frais et impôts.

Nous répétons le calcul pour chaque mois de départ de deux séries : MSCI World avec dividendes nets réinvestis en euros depuis décembre 2000, et S&P 500 avec dividendes selon Robert Shiller depuis décembre 1927. Un départ constitue un record si l’indice de cours atteint ou dépasse toutes ses fins de mois antérieures.

Fréquence à laquelle un placement immédiat a battu un étalement sur 12 mois. % des mois de départ où le placement immédiat était en tête après 12 mois. Tous les mois de départ / Départ sur un plus haut historique. MSCI World, EUR, 2000 à 2026: 69 % / 65 %; S&P 500, USD, 1927 à 2023: 68 % / 69 %. Départs de décembre 2000 à octobre 2025 (299, dont 43 sur un record) et de décembre 1927 à juin 2022 (1 135, dont 251 sur un record). Le capital non investi rapporte le taux au jour le jour ou celui des bons du Trésor.

MSCI World en euros : 68,9 % de 299 départs, 65,1 % de 43 départs sur un record. S&P 500 en dollars : 67,8 % de 1 135 départs, 69,3 % de 251 départs sur un record.

Source : calcul copio sur les niveaux MSCI World, EONIA et taux à court terme en euros de la BCE, S&P Composite de Robert Shiller et rendements des bons du Trésor de Damodaran. Synthèse (CSV), fenêtres en euros (CSV), fenêtres américaines (CSV).

L’échantillon des records en euros est petit et récent. L’indice de cours a culminé en août 2000 sans clôturer un mois au-dessus avant février 2015 ; tous ces départs se situent donc entre 2015 et 2025. La série américaine ajoute les records précédant 1929, 1973, 1987, 2000 et 2007, avec un résultat comparable.

Le dernier cas complet est octobre 2025, également un mois record. Un an après, le capital placé immédiatement gagnait 15,9 %, contre 11,1 % pour l’étalement sur douze mois.

Combien coûte l’étalement en moyenne ?

En moyenne, étaler sur douze mois laissait après un an un retard égal à 3,1 % du capital initial. Le dénominateur est la somme disponible au départ, pas le capital final de l’investisseur immédiat. Rapporter chaque écart à ce capital final donne un retard relatif moyen de 1,6 % sur les 299 départs, selon notre calcul.

Une fois les deux portefeuilles entièrement investis, sans nouveaux flux externes ni coûts différents, le rapport de leurs capitaux reste constant lorsque l’indice évolue. C’est ce rapport relatif qui perdure : 3,1 % du capital initial ne deviennent pas 3,1 % du patrimoine futur.

Placement immédiat moins étalement sur 12 mois, après un an. % du capital initial | MSCI World net, EUR | 299 départs mensuels, décembre 2000 à octobre 2025. Pire départ (août 2008): -25,9 %; 5e percentile: -13,8 %; Moyenne: 3,1 %; Médiane: 4,5 %; 95e percentile: 16,0 %; Meilleur départ (mars 2009): 27,1 %. Positif : le placement immédiat termine en tête. Après la douzième tranche, les deux portefeuilles détiennent le même indice : leur écart relatif se maintient.

Moyenne +3,1 %, médiane +4,5 %, 5e percentile -13,8 %, 95e percentile +16,0 % du capital initial ; pire résultat -25,9 % pour août 2008, meilleur +27,1 % pour mars 2009.

Source : calcul copio sur MSCI World Net Total Return EUR et taux au jour le jour de la BCE ; fenêtres en euros (CSV), données mensuelles (CSV).

Pour copio, le critère est le capital composé après coûts ; la moyenne favorise ici l’investissement immédiat. Les marchés ont monté la plupart des années, alors que l’étalement garde une partie du capital en dehors. Il peut aussi ajouter des frais absents de l’indice : douze achats au lieu d’un, sauf programme de versements gratuit chez le courtier.

La dispersion est large dans les deux sens. Le pire départ immédiat, août 2008, précédait la phase la plus sévère de la crise financière ; le meilleur, mars 2009, suivait d’un mois le creux mensuel de l’indice. Ces points n’étaient pas identifiables à l’avance.

Que se passe-t-il si un krach suit immédiatement ?

L’étalement réduisait la perte la première année, mais subissait aussi de lourdes pertes lorsque la baisse durait au-delà du calendrier. Le graphique présente cinq départs choisis après coup au sommet ou près du sommet avant une chute : précisément la situation que l’étalement cherche à amortir.

Investir juste avant cinq baisses : résultat après trois ans. Variation du capital en %, 36 mois après le départ. Investi en une fois / Étalé sur 12 mois. Septembre 1929, S&P 500 (USD): -67,7 % / -56,4 %; Août 2000, S&P 500 (USD): -30,3 % / -19,3 %; Octobre 2007, MSCI World (EUR): -19,2 % / -1,2 %; Janvier 2020, MSCI World (EUR): 27,1 % / 34,3 %; Décembre 2021, MSCI World (EUR): 32,1 % / 41,3 %. Mois de départ choisis après coup, au sommet ou près du sommet précédant chaque baisse. Les cours du S&P 500 sont des moyennes mensuelles.

Après trois ans : septembre 1929 -67,7 % en une fois contre -56,4 % progressivement ; août 2000 -30,3 % contre -19,3 % ; octobre 2007 -19,2 % contre -1,2 % ; janvier 2020 +27,1 % contre +34,3 % ; décembre 2021 +32,1 % contre +41,3 %.

Source : calcul copio ; simulations (CSV), données mensuelles américaines (CSV).

Mois de départEn une fois, après 12 moisProgressivement, après 12 mois
Septembre 1929, S&P 500 (USD)−30,7 %−6,5 %
Août 2000, S&P 500 (USD)−19,7 %−7,0 %
Octobre 2007, MSCI World (EUR)−33,7 %−18,9 %
Janvier 2020, MSCI World (EUR)+5,3 %+11,3 %
Décembre 2021, MSCI World (EUR)−12,8 %−6,7 %

Source : calcul copio ; simulations (CSV).

Avec le départ de 1929, le dernier versement avait lieu en août 1930 et le marché baissait encore presque deux ans. L’étalement changeait le prix d’entrée d’une partie du capital, pas son exposition finale. Sur tous les départs en euros, le pire résultat sur douze mois était de -39,4 % en une fois et -25,8 % progressivement : moins, mais toujours beaucoup.

C’est l’enjeu face au risque de krach. Une somme qu’il faudrait vendre après 40 % de baisse est trop exposée, qu’elle soit investie immédiatement ou sur un an. Notre étude des délais de récupération explique comment une vente forcée peut cristalliser une perte ; notre modèle de retraits pendant un krach montre le rôle d’une réserve séparée.

Étaler une somme est-il une diversification ?

Cela combine temporairement actions et liquidités, sans ajouter de diversification durable après le dernier versement. Sur douze mois, 54 % du capital est investi en moyenne et 46 % attend en liquidités. Celles-ci ne chutent pas avec les actions, d’où la moindre perte au début du krach. Une décision de diversification durable porte sur le portefeuille achevé : l’étalement garde un amortisseur un an, puis détient le même indice que le placement immédiat.

La poche monétaire a longtemps peu rapporté. De janvier 2001 à octobre 2026, le taux au jour le jour en euros a été de 1,37 % par an en moyenne, négatif d’octobre 2014 à août 2022 ; le 2 novembre 2026, le taux à court terme en euros était de 2,44 %. Une meilleure rémunération resserre un peu l’écart, sur la fraction moyenne de 46 % en liquidités, sans changer la méthode historiquement gagnante en moyenne.

Un amortisseur permanent relève de l’allocation : conserver après la première année une part d’actifs ayant réagi autrement aux baisses. Notre étude de diversification compare les classes concernées et les périodes où elles ont aidé.

Un record justifie-t-il d’attendre ?

Cet échantillon ne donne pas de raison claire d’attendre seulement parce que l’indice est au plus haut. Les 43 départs en euros sur un record se chevauchent ; des fréquences proches ne prouvent pas des probabilités égales. Dans un marché haussier, les records sont fréquents : de janvier 2015 à octobre 2026, 36 % des fins de mois de l’indice de cours MSCI World en euros étaient des records.

Un record peut aussi précéder une longue attente : le sommet d’août 2000 n’a été retrouvé qu’en février 2015. Rien de cela ne prévoit les douze prochains mois. Le constat dit seulement que le record boursier, pris isolément, n’a pas fourni de signal fiable par le passé.

Quand l’étalement peut-il rester pertinent ?

Lorsqu’il vous aide à rester investi. Les 31 % de départs en euros où il gagnait incluent les cas les plus redoutés ; abandonner après une première baisse peut changer bien davantage le résultat que l’écart moyen de prix d’entrée. Distinguez trois situations :

  • L’argent nécessaire dans quelques années. Il relève des liquidités ou de l’épargne à court terme, pas d’un calendrier d’achat d’actions.
  • Une somme importante par rapport au patrimoine déjà investi. La pire perte de première année porte sur de l’argent que vous n’avez pas encore vu fluctuer, avec un regret plus fort.
  • Un calendrier que vous tiendrez. Des dates fixées à l’avance correspondent à notre modèle ; attendre une baisse avant chaque versement revient à tenter de choisir le moment du marché.

En France : choisir l’enveloppe et rémunérer l’attente

Vérifiez l’éligibilité au PEA de l’ETF actions retenu ; tous les fonds MSCI World ne le sont pas (Service-public, PEA). Le rendement monétaire de nos scénarios n’est pas celui du compte espèces non rémunéré du PEA (BOFiP, § 40). Comparez l’attente dans le PEA, un fonds monétaire effectivement éligible ou des liquidités hors plan, avec leurs coûts. Obligations, bons du Trésor américains, options et or ne sont pas directement éligibles.

Que conclut copio ?

Choisissez l’allocation durable avant le calendrier d’entrée. Investir en une fois gagnait dans 68,9 % des fenêtres en euros, mais l’étalement laissait parfois nettement plus de capital après une première année baissière. Une fois le capital investi, les deux méthodes subissent la même exposition au marché. La fréquence historique ne choisit ni votre niveau de risque ni le prochain mauvais départ.

Trois vérifications avant d’investir

  1. Séparez l’argent selon son usage et sa date. Listez dépenses prévisibles et ressources liquides, puis identifiez le capital de long terme. Appliquez une baisse de 40 % des actions à l’allocation finale et calculez la perte en euros. Si elle impose une vente pour payer des dépenses, revoyez l’allocation avant les dates de versement.
  2. Comparez les deux entrées après coûts. Notez frais d’achat, rémunération des liquidités et perte possible de première année, avec la même allocation finale et le même horizon. L’écart historique moyen de 3,1 % porte sur la somme initiale ; ce n’est ni un rendement garanti ni un écart relatif permanent de patrimoine de 3,1 %.
  3. Écrivez le calendrier et la règle qui lui succède. Fixez montants, dates et placement de l’attente avant le premier achat. Définissez la réaction aux hausses et baisses, puis le rééquilibrage du portefeuille achevé. Reporter sans cesse la prochaine tranche constitue une autre stratégie que les calendriers fixes étudiés.

Utilisez le vérificateur de portefeuille pour examiner l’allocation finale de fonds et l’étude des retraits pour ses besoins de financement. Copio propose une analyse pédagogique ; il ne choisit pas d’allocation et ne passe pas d’ordres à votre place.


Sources et méthode

Recherche vérifiée le 3 novembre 2026.

Tous les pourcentages sont nos calculs sur ces données, hormis le décompte AMF. L’investissement immédiat intervient à une fin de mois ; l’étalement investit un douzième, un sixième ou un vingt-quatrième à cette date puis à chaque fin de mois, le reste en liquidités. La comparaison intervient après une durée égale à celle de l’étalement.

Un record correspond à un indice de cours au moins égal à toutes les clôtures mensuelles précédentes. Le percentile p est l'écart classé à la position p × (n − 1), en comptant à partir de zéro et en arrondissant à la position entière la plus proche ; la médiane fait la moyenne des deux valeurs centrales lorsque n est pair.

L’écart moyen de 3,1 % divise les différences de capitaux finaux par le capital initial. L’écart relatif moyen de 1,6 % divise chaque différence par le capital final du placement immédiat de la même fenêtre, puis calcule la moyenne. Téléchargements : synthèse (CSV), fenêtres en euros (CSV), fenêtres américaines (CSV), simulations (CSV), données mensuelles en euros (CSV), données mensuelles américaines (CSV).

Limites : les indices excluent frais de fonds, transactions et impôts, qui alourdissent l’étalement si chaque versement est facturé. La série en euros commence après le sommet de 2000 et compte seulement 43 départs sur des records, tous entre 2015 et 2025. La série américaine utilise des cours mensuels moyens qui lissent les chocs, comme octobre 1987.

Les résultats du S&P 500 sont en dollars et n’intègrent pas l’effet de change pour un investisseur en euros. Les fréquences historiques décrivent des mois de départ très chevauchants, pas les probabilités de l’année prochaine. Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

FAQ

Vaut-il mieux investir en une fois ou progressivement ?

Historiquement, investir immédiatement a plus souvent gagné. Dans le MSCI World en euros, cela a battu douze versements mensuels dans 69 % des 299 départs de décembre 2000 à octobre 2025, avec un avantage moyen de 3,1 % du capital initial. Aux États-Unis depuis 1927, la proportion était de 68 % sur 1 135 départs (calcul copio). Dans l’autre tiers, l’étalement gagnait, parfois de plus de 20 % du capital.

Faut-il attendre quand la Bourse atteint un record ?

Dans cet échantillon, les fréquences de victoire sur un record étaient proches de celles de tous les départs. Depuis 2015, l’investissement immédiat gagnait dans 65 % des 43 départs sur un record mensuel du MSCI World en euros, et dans 69 % des 251 départs sur un record du S&P 500 depuis 1927. Ce sont des observations historiques, pas les chances de gagner durant les douze prochains mois.

Étaler une somme protège-t-il d’un krach ?

Cela réduit l’exposition pendant les versements, mais n’apporte aucune couverture durable après leur fin. Pour un départ en septembre 1929, l’étalement perdait 6,5 % après un an contre 30,7 % pour le placement immédiat, puis 56,4 % après trois ans contre 67,7 %. La moindre perte ne supprimait pas la nécessité de supporter un krach prolongé.

L’investissement progressif est-il une diversification ?

Il associe temporairement actions et liquidités. Pendant le calendrier de douze mois étudié, 54 % du capital était investi en moyenne et 46 % attendait en liquidités. Après le dernier versement, les deux méthodes détiennent le même indice ; le calendrier n’ajoute aucune classe d’actifs diversifiante durable au portefeuille final.

Sur combien de temps étaler une somme ?

Plus l’étalement était long, plus l’investissement immédiat gagnait souvent : dans le MSCI World en euros, 66 % des départs face à six mois, 69 % face à douze et 78 % face à vingt-quatre, de décembre 2000 à 2026 (calcul copio). Un étalement prolongé garde davantage de capital en liquidités plus longtemps. Les données montrent le coût des durées, sans choisir la vôtre.