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Frais et versements mensuels : calculer leur effet sur une épargne régulière


Des versements réguliers ne neutralisent pas les frais annuels : chaque nouvelle somme entre à son tour dans l'assiette des prélèvements. Mais appliquer à toute l'épargne le résultat d'un placement unique pendant trente ans exagérerait l'ancienneté des derniers versements.

Le guide sur les rétrocommissions explique qui peut percevoir une partie des frais. Ce calcul répond à une autre question : quelle différence produisent deux niveaux de frais sur une épargne alimentée chaque mois ? Il complète l'article sur forfait et pourcentage pour un capital initial, sans reprendre son scénario.

Le résultat comparé est le capital composé net des frais modélisés. Ces simulations ne choisissent ni placement, ni montant à épargner, ni durée de détention ; elles ne supposent pas qu’un tarif inférieur compense toute autre différence entre produits.

Ce qu'il faut retenir

  • Chaque versement a sa propre durée de capitalisation et d’exposition aux frais.
  • L’écart de capital final comprend les frais prélevés et les gains que ces sommes n’ont pas produits.
  • Le calendrier de prélèvement compte, et une baisse des marchés ne fait pas disparaître les frais du modèle.

Les hypothèses, avant les résultats

Nous simulons 10 000 € au départ, puis 300 € en fin de chaque mois, pendant dix, vingt ou trente ans. Le rendement brut est fixé artificiellement à 5 % par an, avec une croissance mensuelle équivalente. Les frais annuels supposés sont de 0 %, 0,5 % ou 2 %, prélevés selon un équivalent mensuel.

Tous les résultats sont nominaux, en euros, avant impôts et inflation. Les frais d'entrée et de sortie sont nuls. Le taux constant sert à isoler l'effet des coûts : ce n'est ni une série de marché, ni une hypothèse recommandée, ni une promesse de capital futur. Le scénario sans frais est un point de comparaison mathématique, pas une offre disponible.

Une différence qui augmente avec le temps

Durée de simulationTotal verséSans fraisFrais de 0,5 % par anFrais de 2 % par an
10 ans46 000 €62 597,89 €60 577,83 €54 932,87 €
20 ans82 000 €148 274,32 €138 935,94 €114 735,18 €
30 ans118 000 €287 832,20 €260 332,89 €194 327,59 €

Après vingt ans, l'écart entre 0,5 % et 2 % de frais atteint 24 200,76 €. Après trente ans, il atteint 66 005,30 €. Ces montants dépendent de toutes les hypothèses, notamment du rythme des versements et du rendement brut constant.

Les 300 € du dernier mois n'ont pas subi vingt ans de frais. Le calcul suit chaque mois et ajoute le versement après la croissance et le prélèvement. C'est pourquoi le résultat ne se déduit pas correctement en multipliant les 82 000 € versés sur vingt ans par un unique facteur de capitalisation sur toute la période.

Séparer la facture du manque à gagner

Dans le scénario à 2 %, les frais directement prélevés sur vingt ans totalisent 23 180,97 €. À 0,5 %, ils totalisent 6 532,43 €. La différence de facturation est donc de 16 648,54 €.

Le capital final diffère pourtant de 24 200,76 €. Les 7 552,22 € supplémentaires, calculés sur les montants arrondis, correspondent à la différence de gains capitalisés. Il ne s'agit pas d'une autre commission encaissée par le professionnel.

Cette séparation évite une confusion fréquente : annoncer tout l'écart de patrimoine comme si chaque euro avait été prélevé. Le relevé annuel des coûts mesure des frais supportés ; une simulation de capitalisation montre aussi les gains auxquels ces sommes auraient pu contribuer.

La convention de prélèvement compte

Nous utilisons un facteur annuel net égal à (1 + rendement brut) × (1 − frais). Avec 5 % brut et 2 % de frais, cela donne 1,05 × 0,98 = 1,029, soit 2,9 % net de frais. Avec 0,5 %, le rendement net équivalent est de 4,475 %. Soustraire simplement les taux donnerait 3 % et 4,5 %, une convention légèrement différente.

Chaque mois, le capital précédent est multiplié par le facteur annuel net à la puissance 1/12, puis augmenté de 300 €. Les calculs conservent leur précision jusqu'à l'arrondi de présentation. Les trajectoires mensuelles téléchargeables indiquent capital initial du mois, prélèvement et capital final ; la synthèse reprend les trois horizons.

Une baisse ne fait pas disparaître les frais

Dans un exemple distinct, sans versements, une baisse brute fictive de 20 % laisse 80 % du capital. Des frais de 2 % appliqués ensuite laissent 80 % × 98 % = 78,4 %, soit une perte de 21,6 %. Avec 0,5 % de frais, la perte serait de 20,4 %. Il s'agit d'une illustration hypothétique, pas de l'observation ou de l'annonce d'un krach.

Méthodologie et sources

La nécessité d'expliquer l'effet cumulatif des coûts figure dans l'article 325-14 VIII du règlement général de l'AMF, pour les prestations de conseil concernées. Source et calculs vérifiés le 28 octobre 2026. Pour des droits d'entrée, la question devient aussi celle de l'horizon de comparaison.

FAQ

Combien représente un écart de frais de 1,5 point sur une épargne mensuelle ?

Dans notre simulation de 10 000 € initiaux puis 300 € versés en fin de mois, à 5 % brut annuel constant, le capital après 20 ans atteint 138 935,94 € avec 0,5 % de frais et 114 735,18 € avec 2 %, soit un écart de 24 200,76 €. Ce ne sont pas des prévisions.

Pourquoi le manque à gagner dépasse-t-il les frais prélevés ?

Les sommes prélevées cessent de produire des gains. Après 20 ans, l'écart de frais directement prélevés entre les deux scénarios est de 16 648,54 €, alors que l'écart des capitaux finaux atteint 24 200,76 €.

Comment convertissez-vous les taux annuels en taux mensuels ?

Le facteur de croissance mensuel brut est 1,05 puissance 1/12. Le facteur mensuel après frais est ce facteur multiplié par (1 − f) puissance 1/12, où f est le taux annuel de frais. Le versement de 300 € arrive ensuite.

Les frais disparaissent-ils pendant une année de baisse ?

Pas dans cette hypothèse de frais proportionnels annuels. Une baisse brute fictive de 20 % suivie de 2 % de frais sur la valeur restante donne une baisse nette de 21,6 %. Le résultat dépend du mode de prélèvement réel.