De janvier 2006 à avril 2026 en euros, cinq des neuf classes d’actifs testées avaient une corrélation mensuelle avec les actions mondiales inférieure à 0,2 : suivi de tendance (-0,14), monétaire (-0,12), or (-0,09), obligations d’État mondiales couvertes en EUR (0,01) et obligations d’État de la zone euro (0,18). Une faible corrélation ne garantit pas une protection.
Seuls l’or et le suivi de tendance ont monté dans les trois baisses de 2008, 2020 et 2022. Les obligations d’État de la zone euro ont perdu 12,3 % dans celle de 2022, tandis que le monétaire préservait sa valeur sans beaucoup rapporter. Cette étude compare chaque classe au MSCI World en euros : tous les mois, les mois de baisse et trois périodes ayant particulièrement éprouvé la diversification.
Ce qu’il faut retenir
- La corrélation moyenne peut masquer une protection défaillante. Les obligations d’État de la zone euro affichent 0,18 avec les actions mondiales sur vingt ans, mais 0,76 en 2022-2023, avec des pertes simultanées pendant la baisse de 2022.
- Examinez croissance et pertes ensemble. L’allocation 80/20 avec or a progressé de 9,6 % par an avec une perte maximale de 35,5 % ; celle avec tendance de 8,6 % avec une perte de 36,5 %, contre 8,7 % et 49,0 % pour les actions, avant la plupart des coûts des produits.
- Un résultat de recherche n’est pas le rendement d’un produit. La tendance est un facteur avant frais et le score de diversification un indicateur statistique ; vérifiez règles, coûts et exposition du fonds réel avant de les assimiler.
Quels actifs sont décorrélés des actions ?
Sur vingt ans de rendements mensuels en euros, tendance, monétaire, or et obligations d’État de qualité ont des corrélations proches de zéro avec les actions mondiales. Immobilier coté et actions émergentes évoluent dans leur sillage. Une corrélation de 1 indique une évolution parfaitement liée, 0 l’absence de relation linéaire, et une valeur négative une tendance à évoluer en sens opposé.
Corrélations avec les actions mondiales, tous les mois puis les mois de baisse : tendance -0,14 et -0,21 ; monétaire -0,12 et -0,18 ; or -0,09 et -0,02 ; obligations d’État mondiales 0,01 et -0,07 ; zone euro 0,18 et 0,06 ; immobilier coté 0,81 et 0,73.
Source : calcul copio sur le MSCI World NR en EUR, les facteurs TSMOM d’AQR et les indices listés plus bas ; résultats par classe (CSV).
Trois groupes se distinguent :
- Liés aux actions : immobilier coté (0,81) et actions émergentes (0,72). Ils répartissent le risque entre entreprises et pays sans ajouter une source de rendement distincte.
- Partiellement liés : obligations indexées sur l’inflation (0,40) et matières premières (0,35).
- Proches de zéro ou négatifs : obligations d’État de la zone euro, obligations d’État mondiales couvertes en euros, or, monétaire et suivi de tendance.
Notre étude des baisses simultanées montre que la plupart de ces valeurs résistent quand seuls les mois de baisse sont retenus. Mais cette moyenne sur vingt ans masque les changements de corrélation.
Une faible corrélation protège-t-elle pendant un krach ?
Pas de façon fiable : les obligations d’État étaient peu corrélées aux actions sur vingt ans, mais ont baissé avec elles en 2022. La corrélation de chaque actif avec les actions mondiales change selon la crise.
Corrélations en 2008-2009, 2020-2021 et 2022-2023 : obligations d’État de la zone euro -0,19, 0,15 et 0,76 ; obligations mondiales -0,37, -0,11 et 0,68 ; or -0,29, -0,14 et -0,20 ; tendance -0,54, -0,38 et -0,45.
Source : calcul copio ; résultats par classe (CSV), rendements mensuels (CSV).
Les rendements pendant les baisses des actions montrent la même rupture :
| Rendement en EUR, sommet au creux des actions mondiales | 2008 (mai 2007 à févr. 2009) | 2020 (janv. à mars 2020) | 2022 (déc. 2021 à juin 2022) |
|---|
| Actions mondiales (MSCI World NR) | -49,0 % | -19,8 % | -13,5 % |
| Or | +53,7 % | +2,5 % | +8,9 % |
| Suivi de tendance (facteur TSMOM d’AQR) | +42,8 % | +10,4 % | +26,7 % |
| Obligations d’État mondiales (couvertes en EUR) | +13,4 % | +1,4 % | -10,1 % |
| Obligations d’État de la zone euro | +12,0 % | -2,1 % | -12,3 % |
| Marché monétaire en euros | +6,8 % | -0,1 % | -0,2 % |
| Obligations indexées sur l’inflation en euros | +5,8 % | -7,2 % | -6,1 % |
| Matières premières | -21,7 % | -13,3 % | +28,2 % |
| Actions des marchés émergents | -46,3 % | -20,1 % | -10,5 % |
| Immobilier coté (MSCI World IMI Core RE) | -66,3 % | -27,2 % | -14,1 % |
Source : calcul copio ; résultats par classe (CSV).
Trois lectures en découlent :
- Les obligations d’État ont protégé face au ralentissement, pas au choc inflationniste. Elles ont gagné 12 % à 13 % en 2008 et perdu 10 % à 12 % en 2022, lorsque les taux ont pénalisé actions et obligations. Notre étude de 2008 et 2022 explique le mécanisme.
- Les matières premières ont fait l’inverse. Elles ont perdu 21,7 % en 2008 et gagné 28,2 % en 2022 : une corrélation moyenne de 0,35 masque le type de krach où elles aident.
- L’immobilier coté a plus baissé que les actions mondiales dans les trois épisodes, dont 66,3 % en 2008.
Le même changement apparaît mois par mois : dans les vingt mois de baisse des actions de janvier 2022 à avril 2026, les obligations d’État de la zone euro avaient une corrélation de 0,37, contre -0,01 dans les 67 mois de baisse précédents.
Quels actifs ont continué de rapporter quand les actions baissaient ?
L’or et le suivi de tendance sont les seules classes au rendement moyen nettement positif dans les 87 mois de baisse des actions mondiales.
| Sur les 87 mois de baisse des actions mondiales | Mois de hausse | Rendement mensuel moyen | Moyenne 2006-2021 | Moyenne 2022-2026 |
|---|
| Or | 52 | +1,61 % | +1,83 % | +0,86 % |
| Suivi de tendance (facteur TSMOM d’AQR) | 47 | +0,91 % | +0,66 % | +1,76 % |
| Marché monétaire en euros | 50 | +0,09 % | +0,08 % | +0,15 % |
| Obligations d’État mondiales (couvertes en EUR) | 48 | +0,09 % | +0,52 % | -1,34 % |
| Obligations d’État de la zone euro | 47 | -0,08 % | +0,40 % | -1,71 % |
| Matières premières | 39 | -0,65 % | -1,09 % | +0,82 % |
| Actions des marchés émergents | 26 | -2,67 % | -2,74 % | -2,45 % |
| Immobilier coté (MSCI World IMI Core RE) | 22 | -3,43 % | -3,27 % | -3,96 % |
Source : calcul copio ; rendements mensuels (CSV).
Le monétaire a rapporté 0,09 % lors d’un mois de baisse moyen : un gain compensant peu la perte des actions, avec une faible volatilité qui préservait la liquidité. Les obligations d’État gagnaient pendant les mois de baisse avant 2022, puis perdaient après. Or et tendance gagnaient dans les deux périodes, sans toujours gagner ensemble : les deux ont baissé dans 21 des 87 mois.
Des profils de rendement différents peuvent réduire le risque sans augmenter la croissance composée réalisée sur chaque période. Le résultat dépend des rendements attendus, de la volatilité, des covariances, des pondérations et du rééquilibrage. Croissance et pertes ne varient pas selon un rapport fixe commun.
Que changent 20 % d’actifs décorrélés pour la croissance et les pertes ?
Sur 2006-2026, l’or a fait passer la croissance annuelle de l’allocation de 8,7 % à 9,6 % ; la tendance a produit 8,6 %, proche mais légèrement inférieur, avant coûts de mise en œuvre. Les deux réduisent la perte maximale d’environ treize points. Monétaire et obligations d’État la réduisent d’environ neuf points, avec une croissance annuelle inférieure de 1,2 à 1,4 point aux actions seules.
80 % d’actions mondiales et 20 % d’or : 9,6 % par an, perte maximale de 35,5 % ; avec tendance, 8,6 % et 36,5 % ; avec monétaire, 7,3 % et 40,5 % ; actions seules, 8,7 % et 49,0 %.
Source : calcul copio, allocations hypothétiques de séries d’indices rééquilibrées mensuellement ; résultats (CSV).
Le ratio de diversification au carré de notre étude des portefeuilles ETF décrit la baisse historique de volatilité obtenue en combinant les placements. Il divise la somme pondérée de leurs volatilités individuelles par celle du portefeuille, puis élève le résultat au carré. Une valeur de 1 correspond à une seule ligne ; 1,63 est un score de cette formule, pas un nombre observé de sources économiques indépendantes.
| 80 % actions mondiales et 20 % de | Ratio de diversification au carré | Croissance annuelle | Perte maximale |
|---|
| Aucun ajout (actions mondiales seules) | 1,00 | 8,7 % | -49,0 % |
| Or | 1,63 | 9,6 % | -35,5 % |
| Suivi de tendance (facteur TSMOM d’AQR) | 1,57 | 8,6 % | -36,5 % |
| Matières premières | 1,26 | 7,9 % | -44,0 % |
| Obligations d’État de la zone euro | 1,15 | 7,5 % | -39,9 % |
| Obligations d’État mondiales (couvertes en EUR) | 1,14 | 7,4 % | -39,7 % |
| Marché monétaire en euros | 1,02 | 7,3 % | -40,5 % |
Source : calcul copio ; résultats par classe (CSV).
Le monétaire présente la deuxième corrélation la plus faible, mais un ratio proche de 1 : sa volatilité annuelle de 0,5 % pèse peu face aux 13,3 % des actions. La baisse du risque vient surtout d’une moindre exposition aux actions ; le ratio ne mesure pas l’utilité des liquidités pour les dépenses ou rééquilibrages.
Or et tendance ont des volatilités proches de celles des actions (16,0 % et 13,2 %) et une faible corrélation mesurée, d’où des scores supérieurs. Une faible corrélation dans cet échantillon ne prouve ni indépendance statistique ni protection fiable pendant un krach.
Deux limites s’appliquent. Les 11,4 % annuels de l’or sont élevés au regard de son histoire : il a mis vingt-quatre ans à retrouver son sommet de 1983 en euros. La tendance provient d’un facteur de recherche avant frais ; la comparaison avec les puts des chercheurs d’AQR utilise elle aussi des rendements simulés.
Pourquoi tendance et or se sont-ils comportés autrement que les obligations ?
Leurs moteurs diffèrent. Les obligations d’État de qualité gagnent lorsque les craintes de ralentissement font baisser les taux, comme en 2008, et perdent lorsque l’inflation les fait monter, comme en 2022. AQR décrit une stratégie de momentum temporel sur douze mois, détenue un mois, sur indices actions, obligations, devises et matières premières.
Chaque marché est détenu dans le sens de son mouvement des douze derniers mois : une baisse durable conduit à une position vendeuse, sur les actions comme sur les obligations. L’or n’a pas de flux liés aux bénéfices d’entreprise ou aux intérêts ; il a monté dans 52 des 87 mois de baisse des actions.
Aucun n’est une promesse. La tendance suit des mouvements déjà réalisés et peut perdre lorsque les marchés se retournent brusquement ; or et tendance ont baissé ensemble dans 21 des 87 mois négatifs. Notre guide du ratio de Sharpe explique pourquoi combiner des rendements décorrélés améliore un ratio de risque sans établir, à lui seul, une croissance composée supérieure.
En France : vérifier l’éligibilité avant de choisir l’exposition
L’or, les matières premières, les obligations et les options ne sont pas directement éligibles au PEA. Pour les fonds, l’éligibilité dépend des titres détenus et des règles applicables, à vérifier pour chaque produit (Service-public, PEA). Un ETF monétaire synthétique éligible ne transforme pas tous les fonds monétaires en placements PEA. Comparez donc PEA et compte-titres ordinaire avant de transposer une allocation, avec frais, fiscalité et couverture de change propres aux produits accessibles.
Que retient copio de cette comparaison ?
Une faible corrélation moyenne est un point de départ, pas une garantie de protection. Les obligations d’État de la zone euro combinent faible corrélation sur vingt ans et pertes simultanées avec les actions en 2022. Or et tendance améliorent le compromis croissance/perte testé, mais périodes historiques et coûts des produits comptent. Les liquidités réduisent l’exposition aux actions et financent les dépenses, un rôle que ce score fondé sur la volatilité ne mesure pas entièrement.
Trois vérifications pour votre portefeuille
- Comparez un même placement dans plusieurs régimes. Utilisez la devise de vos dépenses et les mêmes dates en 2008, 2020 et 2022, avec les corrélations globales et celles des mois de baisse. Notez signe et ampleur du résultat : un petit gain monétaire et une forte indemnisation de couverture répondent à des besoins différents. Notre CSV mensuel fournit les données.
- Testez l’allocation proposée, pas seulement l’actif ajouté. Comparez croissance annuelle, perte maximale et liquidités pour les dépenses à la pondération envisagée. Gardez mêmes dates et rééquilibrages, puis recommencez sur des sous-périodes. Traitez le ratio de diversification au carré comme une statistique historique du risque, pas comme un nombre de paris économiques indépendants ou une prévision.
- Vérifiez ce qui s’achète et à quel coût. Lisez exposition sous-jacente, couverture de change, levier, conditions de négociation et frais. Utilisez si possible les rendements nets du fonds ; un facteur de tendance brut ne dit pas ce qu’un produit pour particuliers aurait rapporté. Précisez le risque visé et vérifiez que le placement remplit encore ce rôle lorsque les corrélations changent.
Le vérificateur de portefeuille aide à examiner les fonds ; notre étude des refuges pendant les krachs teste le coût de la protection sur des périodes plus longues.
Quelle suite donner à cette lecture ?
Pour examiner une mise en œuvre concrète, comparez l'analyse World et or et l'analyse World et obligations d'État euro, en lisant leurs hypothèses et limites. L'étude des corrélations selon l'horizon de placement complète la lecture des corrélations mensuelles. Retrouvez ces questions dans le dossier allocation.
FAQ
Quels actifs sont décorrélés des actions ?
De janvier 2006 à avril 2026 en euros, la corrélation mensuelle avec le MSCI World était de -0,14 pour un facteur de recherche de suivi de tendance, -0,12 pour le monétaire en euros, -0,09 pour l’or, 0,01 pour les obligations d’État mondiales couvertes en EUR et 0,18 pour celles de la zone euro (calcul copio). Les actions émergentes (0,72) et l’immobilier coté (0,81) évoluaient largement avec les actions mondiales.
Les actifs décorrélés protègent-ils pendant un krach ?
Pas de façon fiable. Les obligations d’État de la zone euro avaient une corrélation de 0,18 avec les actions mondiales sur vingt ans, mais ont perdu 12,3 % lorsque celles-ci perdaient 13,5 % de décembre 2021 à juin 2022. Leur corrélation sur 2022-2023 atteignait 0,76. Parmi neuf classes étudiées, seuls l’or et le suivi de tendance ont monté dans les trois baisses de 2008, 2020 et 2022.
L’or est-il décorrélé des actions ?
De janvier 2006 à avril 2026 en euros, sa corrélation mensuelle avec les actions mondiales était de -0,09, et restait négative sur 2008-2009, 2020-2021 et 2022-2023 (-0,29, -0,14 et -0,20). Il a monté dans 52 des 87 mois de baisse des actions et gagné 53,7 % quand celles-ci perdaient 49,0 % de mai 2007 à février 2009. Sa croissance annuelle de 11,4 % sur cette période n’est pas une prévision.
Les liquidités diversifient-elles un portefeuille ?
Elles réduisent l’exposition aux actions et financent dépenses ou rééquilibrages. Dans notre échantillon en euros, une allocation 80/20 actions/monétaire réduit la croissance annuelle de 8,7 % à 7,3 % et la perte maximale de 49,0 % à 40,5 %. Son ratio de diversification au carré vaut 1,02, un indicateur fondé sur la volatilité qui ne mesure pas tous les usages d’une réserve de liquidités.
Le suivi de tendance diversifie-t-il les actions ?
Pour le facteur de momentum temporel d’AQR, adapté au rendement d’un investisseur en euros, la corrélation avec les actions mondiales était de -0,14 de 2006 à avril 2026 et de -0,21 pendant les mois de baisse. Il a monté lors des baisses de 2008, 2020 et 2022. C’est un facteur de recherche avant frais, pas un fonds ; les résultats des fonds après frais et transactions diffèrent.