Un ETF S&P 500 n'ajoute pas de nouvelle source de rendement à un ETF MSCI World : il ajoute davantage de la plus importante, déjà présente à l'intérieur. De janvier 2001 à août 2026, en euros, leurs rendements mensuels ont eu une corrélation de 0,97, et une combinaison 50/50 des deux a évolué avec le MSCI World seul avec une corrélation de 0,99.
Ce que le S&P 500 change, c'est la part américaine : de 72,8 % dans un ETF MSCI World à environ 86 % dans une combinaison 50/50. Cette surpondération a ajouté du rendement après 2010 et en a coûté avant ; c'est une décision de concentration, qui mérite d'être prise en connaissance de cause.
Ce qu'il faut retenir
- Les deux indices évoluent presque comme un seul. Sur 308 mois, le MSCI World a expliqué 94 % de la variance mensuelle du S&P 500 en euros, et la corrélation glissante sur trois ans n'est jamais descendue sous 0,87 (octobre 2014, valeur arrondie).
- Le chevauchement est structurel. Au 30 octobre 2026, 72,8 % du MSCI World était investi dans des entreprises américaines : un ETF World détient donc déjà l'essentiel d'un ETF S&P 500.
- La surpondération américaine a payé sur une période, pas sur l'autre. Le S&P 500 a fait moins bien que le MSCI World chaque année civile de 2002 à 2007, puis mieux que lui 11 années sur 15 de 2011 à 2025.
- La combinaison n'a pas réduit les pertes. La perte maximale sur valeurs de fin de mois est passée de 49,1 % pour le MSCI World à 51,7 % pour une combinaison 50/50 et à 54,6 % pour le S&P 500 seul.
La question derrière la question
En Europe, beaucoup d'investisseurs détiennent côte à côte un ETF MSCI World et un ETF S&P 500. Au premier trimestre 2025, les ETF répliquant un indice américain, surtout le S&P 500, représentaient près de 40 % des transactions des particuliers français sur les ETF de compétence française, et ceux répliquant le MSCI World 20 %, selon la Cartographie 2025 de l'AMF. Deux fonds, cela ressemble à de la diversification. Encore faut-il que leurs rendements proviennent de sources différentes.
Nous l'avons mesuré directement, à partir de l'indice MSCI World net publié par MSCI et de l'indice S&P 500 total return, tous deux en euros, de janvier 2001 à août 2026. Nous avons ensuite vérifié le résultat sur les deux plus grands ETF iShares cotés sur Xetra.
À quel point les deux évoluent ensemble
| Mesure, rendements mensuels en EUR | Janvier 2001 à août 2026 |
|---|
| Corrélation du S&P 500 avec le MSCI World | 0,97 |
| Part de la variance du S&P 500 expliquée par le MSCI World | 94 % |
| Corrélation glissante sur 36 mois la plus basse (octobre 2014) | 0,87 |
| Corrélation glissante sur 36 mois, août 2026 | 0,98 |
| Mois de baisse du MSCI World / mois où le S&P 500 a aussi baissé | 113 / 103 |
| Tracking error du S&P 500 par rapport au MSCI World | 3,6 % par an |
Source : calcul Copio ; niveaux et rendements mensuels (CSV), corrélation glissante sur 36 mois (CSV).
Le contrôle sur des fonds réellement investissables le confirme. De janvier 2011 à septembre 2026, les cours de clôture de fin de mois sur Xetra des ETF iShares Core MSCI World et iShares Core S&P 500 UCITS ont eux aussi eu une corrélation de 0,97 (cours des ETF (CSV)).
À titre de comparaison, de janvier 2006 à avril 2026, la corrélation entre le MSCI World et les obligations d'État couvertes en euros a été de 0,01, et celle avec l'or de -0,09 (matrice des corrélations (CSV)). Ce sont d'autres moteurs. Le S&P 500 n'en est pas un.
Pourquoi la corrélation est si élevée
Le MSCI World est pondéré par la taille des entreprises. Au 30 octobre 2026, les entreprises américaines en représentaient 72,8 %, contre 52,4 % en janvier 2012, selon la fiche de l'indice publiée par MSCI ; ses dix premières positions étaient toutes américaines. Quand les plus grandes entreprises américaines bougent, elles font bouger les deux indices.
Combiner les deux fonds modifie les pondérations :
Ces parts américaines sont notre calcul à partir de la pondération par pays publiée par MSCI au 30 octobre 2026. Notre note Pulse montre ce que contient l'indice.
Ce qu'a changé l'ajout du S&P 500, de 2001 à 2026
Source : calcul Copio ; résultats des combinaisons (CSV).
Sur l'ensemble de la période, chaque pas vers le S&P 500 a relevé la croissance annuelle de quelques dixièmes de point de pourcentage, légèrement accru la volatilité et creusé la perte maximale. Deux réserves s'imposent pour que la comparaison reste honnête :
- L'écart de rendement est flatté. Notre série du S&P 500 réinvestit les dividendes bruts de retenue à la source, alors que le MSCI World est net. Un ETF S&P 500 domicilié en Irlande subit une retenue à la source américaine de 15 % sur les dividendes : son rendement serait donc inférieur d'environ 0,3 point de pourcentage par an, avant frais du fonds.
- Le résultat sur toute la période masque deux époques. Le graphique suivant les fait apparaître.
L'avance s'est construite par longues séries
Source : calcul Copio ; rendements par année civile (CSV).
| Période, en EUR | MSCI World, par an | S&P 500, par an |
|---|
| Janvier 2001 à décembre 2010 | -1,3 % | -2,2 % |
| Janvier 2011 à août 2026 | 12,0 % | 15,4 % |
De 2002 à 2007, le S&P 500 a fait moins bien que le MSCI World chaque année, avec un retard allant jusqu'à 5,0 points en 2005, car les marchés hors États-Unis ont devancé les actions américaines et la hausse de l'euro a réduit la valeur des rendements en dollars pour les investisseurs en euros.
À partir de 2011, les États-Unis ont fait mieux la plupart des années, avec une avance allant jusqu'à 9,6 points en 2014. Mesuré depuis janvier 2001, le S&P 500 est resté en retard cumulé sur le MSCI World de fin 2003 à fin 2012, et n'est repassé devant qu'à fin 2013 ; un investisseur qui l'a ajouté en 2011 a été récompensé bien plus tôt.
Aucune de ces deux issues n'était prévisible au départ, et cette avance de 15 ans explique en grande partie pourquoi la part américaine du MSCI World est passée d'environ la moitié à près des trois quarts.
Le S&P 500 a-t-il aidé lors des baisses ?
Pas de manière constante. Lors des 12 pires mois du MSCI World depuis 2001, le S&P 500 a davantage baissé à sept reprises, dont une (février 2009) de moins de 0,01 point, et moins baissé à cinq reprises. En octobre 2008, il a perdu 6,7 %, contre 10,2 % pour le MSCI World ; en août 2001, il a perdu 10,4 %, contre 8,3 %.
Sur l'ensemble de la période, sa pire baisse sur valeurs de fin de mois a été de 54,6 %, contre 49,1 % pour le MSCI World.
Les deux partagent un seul et même risque : une baisse générale des actions des grandes entreprises. Ajouter le S&P 500 rend ce risque plus dépendant d'un seul pays et de ses plus grandes entreprises ; cela n'ajoute aucune ligne qui monte quand les actions baissent.
Quand ajouter le S&P 500 peut rester un choix
Un investisseur peut avoir des raisons de vouloir davantage d'exposition aux États-Unis : une conviction sur les entreprises américaines, des engagements ou des dépenses en dollars, ou une préférence assumée pour le plus grand marché. Ce sont des décisions de concentration, et elles peuvent être prises en connaissance de cause. Les données n'écartent qu'une seule raison : détenir les deux fonds ne diversifie pas, en soi.
Si l'objectif est de réduire l'impact d'une baisse des actions, les candidats sont des placements dont le rendement dépend d'un autre moteur, et notre étude sur les mois de baisse montre lesquels ont tenu, et quand ils n'ont pas tenu. Si l'objectif est de réduire la dépendance à un seul pays, le S&P 500 va dans le sens inverse.
Vérifications à faire sur votre propre portefeuille
- Calculez votre part américaine. Multipliez le poids de chaque fonds par sa pondération États-Unis indiquée dans sa dernière fiche, puis additionnez les résultats. Un fonds World compte pour environ 73 %.
- Écrivez pourquoi vous détenez le fonds S&P 500. Si la réponse est la diversification, comparez-le avec un placement dont les rendements proviennent d'un autre moteur.
- Vérifiez le chevauchement des premières positions. Listez les dix premières positions de chaque fonds actions. Si les mêmes noms reviennent dans tous, vos fonds forment une seule position répartie dans plusieurs produits.
- Regardez les années 2002 à 2007. Demandez-vous si vous auriez conservé une surpondération américaine pendant six années de sous-performance.
- Comptez chaque fonds fortement exposé aux États-Unis. Un fonds Nasdaq-100 ou un fonds de technologie américaine renforce la même concentration.
Limites de cette analyse
- Les rendements des indices excluent les frais des fonds, et la série du S&P 500 est brute de retenue à la source alors que le MSCI World est net. Les corrélations en sont à peine affectées ; les comparaisons de rendement avantagent légèrement le S&P 500.
- Tous les chiffres sont en euros. En dollars, les effets de change qui ont marqué les années 2002 à 2007 disparaissent.
- Les combinaisons sont rééquilibrées chaque mois, sans frais ni impôts.
- La part américaine est une photographie au 30 octobre 2026 et évolue avec les valeurs de marché.
- La performance relative passée ne permet pas de prévoir quel marché prendra la tête ensuite.
Quelle suite donner à cette lecture ?
Pour examiner des fonds précis, ouvrez le comparatif ETF World et S&P 500 filtré. Il utilise un indice américain filtré, distinct du S&P 500 standard de cette étude. L'analyse du PEA World, S&P et Nasdaq examine ensuite une répartition à trois ETF et ses expositions communes.
Pour élargir la question au-delà des actions américaines, consultez l'étude des moteurs de diversification d'un portefeuille ETF ou retrouvez les études par question dans le dossier allocation.
Copio est en bêta privée en Europe, avec un accès anticipé sur demande. Copio décompose vos fonds par classe d'actifs et place chacune sur une carte rendement-corrélation comme moteur principal, vrai diversifieur, poids mort ou amortisseur, pour que vous voyiez si vos lignes diffèrent par leur moteur ou seulement par leur nom.
Une matrice de corrélation montre quelles lignes évoluent ensemble, et un test de krach montre comment une allocation comme la vôtre aurait traversé les crises passées. Copio fournit une analyse pédagogique, pas un conseil personnalisé ; il ne passe pas d'ordres et ne choisit pas d'allocation à votre place. Le vérificateur de portefeuille gratuit est un premier pas.
Cet article est publié à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Notes de recherche et vérification
Recherches vérifiées le 2 novembre 2026 ; le 3 novembre 2026, les parts des transactions des particuliers français sur ETF ont été corrigées selon la répartition publiée par l'AMF (près de 40 % pour les ETF sur indices américains, 20 % pour le MSCI World), au lieu d'environ 60 % attribués au seul S&P 500 et au MSCI World ; le 5 novembre 2026, la part américaine a été mise à jour selon la fiche MSCI au 30 octobre 2026 (72,8 %, contre 72,9 % au 30 septembre).
MSCI World : indice MSCI World Net Total Return en EUR (code d'indice 990100), niveaux de fin de mois publiés par MSCI, de décembre 2000 à août 2026.
S&P 500 : indice total return (dividendes bruts) issu de Yahoo Finance, converti en EUR aux cours de fin de mois de la BCE, provenant de l'archive de recherche utilisée pour notre étude sur la diversification.
Contrôle sur ETF : dernier cours de clôture mensuel sur Xetra de l'iShares Core MSCI World UCITS ETF USD (Acc) et de l'iShares Core S&P 500 UCITS ETF USD (Acc), issus de Yahoo Finance, de janvier 2011 à septembre 2026 ; les cours 2010 du fonds S&P 500 fournis par Yahoo contiennent un mois invraisemblable à -20 % et sont exclus.
Xetra clôture à 17 h 30, heure d'Europe centrale, avant la clôture du marché américain, ce qui ajoute un bruit lié au décalage horaire dans les rendements de fin de mois.
Pondérations par pays : fiche de l'indice MSCI World au 30 octobre 2026 et fiche archivée de janvier 2012.
Nos calculs : rendements mensuels simples à partir des niveaux de fin de mois ; corrélation de Pearson ; tracking error mesurée comme l'écart-type annualisé de l'écart de rendement mensuel ; croissance calculée sur le capital composé ; pertes maximales sur valeurs de fin de mois ; combinaisons rééquilibrées chaque mois, sans frais.
Téléchargements : données mensuelles des indices (CSV), corrélation glissante (CSV), années civiles (CSV), résultats des combinaisons (CSV), cours des ETF (CSV).
Reproduction libre avec mention de la source : « Copio, calcul sur indices publics ».
FAQ
Ajouter un ETF S&P 500 à un ETF MSCI World améliore-t-il la diversification ?
Pas au sens où il apporterait un autre moteur de rendement. De janvier 2001 à août 2026, en euros, les rendements mensuels du S&P 500 et du MSCI World ont eu une corrélation de 0,97, et une combinaison 50/50 des deux une corrélation de 0,99 avec le MSCI World seul (calcul Copio). Ajouter le S&P 500 augmente la part américaine du portefeuille : c'est une décision de concentration, pas de diversification.
Quelle part d'un ETF MSCI World est investie aux États-Unis ?
72,8 % au 30 octobre 2026, selon la fiche de l'indice MSCI World publiée par MSCI. Un portefeuille réparti à 75 % en World et 25 % en S&P 500 est donc investi à environ 80 % en actions américaines, et une répartition 50/50 à environ 86 %.
Le S&P 500 a-t-il toujours battu le MSCI World ?
Non. En euros, le S&P 500 a rapporté -2,2 % par an de janvier 2001 à décembre 2010, contre -1,3 % pour le MSCI World, et a fait moins bien que lui chaque année civile de 2002 à 2007. De janvier 2011 à août 2026, il a rapporté 15,4 % par an, contre 12,0 %. Notre série du S&P 500 est brute de retenue à la source sur les dividendes et celle du MSCI World nette, ce qui avantage légèrement le S&P 500.
Le S&P 500 a-t-il moins baissé que le MSCI World lors des krachs ?
Aucune tendance constante ne se dégage. Sur les 113 mois, entre 2001 et août 2026, où le MSCI World a baissé, le S&P 500 a baissé à 103 reprises. La plus forte baisse du S&P 500 sur valeurs de fin de mois a été de 54,6 %, contre 49,1 % pour le MSCI World.